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Growth Mindset : 5 mythes à oublier et 5 exercices pratiques pour développer une véritable mentalité de croissance

Le concept de growth mindset, ou mentalité de croissance, s’est imposé ces dernières années comme un pilier du développement personnel et professionnel. Popularisé par la psychologue américaine Carol Dweck, il s’appuie sur une distinction fondamentale entre une vision figée des capacités humaines (fixed mindset) et une vision évolutive (growth mindset).

Cette approche attire un intérêt croissant dans les domaines de l’éducation, du management, du sport et du bien-être. Pourtant, de nombreuses idées reçues persistent, risquant de réduire ce concept à des slogans simplistes ou à des pratiques inefficaces.

Cet article propose :

  • de clarifier ce qu’est réellement la mentalité de croissance ;
  • d’identifier 5 mythes courants qui l’entourent ;
  • et de présenter 5 exercices concrets permettant de la cultiver au quotidien, à la lumière des données issues des neurosciences et de la psychologie cognitive.

Qu’est-ce que le growth mindset ?

La mentalité de croissance repose sur une idée simple : les compétences ne sont pas figées mais peuvent se développer grâce à l’effort, à des stratégies adaptées et à l’intégration du feedback.

En opposition :

  • La mentalité fixe considère les talents et l’intelligence comme immuables (« je suis mauvais en langues », « je ne suis pas créatif »).
  • La mentalité de croissance part du principe que l’on peut progresser, même face aux difficultés.

Cette distinction a des implications majeures : dans un cadre de growth mindset, un échec n’est plus interprété comme une preuve d’incompétence, mais comme une opportunité d’apprentissage.

Cinq mythes à dépasser pour comprendre le growth mindset

1. « Le growth mindset, c’est être positif en toutes circonstances »

Faux. La mentalité de croissance ne consiste pas à adopter un optimisme forcé. Elle repose sur la capacité à accueillir les difficultés et à transformer les erreurs en leviers d’apprentissage.

2. « L’effort suffit toujours à réussir »

Faux. L’effort seul ne garantit pas le succès. Les recherches montrent que la réussite découle d’une combinaison : effort, stratégies adaptées et capacité à recevoir du feedback.

3. « Les capacités humaines sont illimitées »

Faux. Le cerveau est plastique, mais dans certaines limites. Le growth mindset ne nie pas ces contraintes : il invite à optimiser son potentiel, sans prétendre que tout est possible sans conditions.

4. « La mentalité de croissance est innée »

Faux. Il ne s’agit pas d’un trait de caractère permanent. La mentalité de croissance se cultive par des pratiques et des habitudes, à tout âge et dans différents contextes de vie.

5. « Le growth mindset concerne uniquement les enfants »

Faux. Si les premières recherches ont porté sur l’éducation, de nombreux travaux montrent que cette approche bénéficie également aux adultes : dans le monde professionnel, sportif, entrepreneurial, et même dans la sphère relationnelle.

Cinq exercices pour cultiver une mentalité de croissance

1. Réinterpréter ses échecs

Tenir un journal d’échecs et, pour chaque situation difficile, écrire :

  • ce qui a été appris ;
  • ce qui pourra être amélioré à l’avenir.

Cet exercice favorise une posture de progression continue.

2. Utiliser le principe du « pas encore » (not yet)

Remplacer « je n’y arrive pas » par « je n’y arrive pas encore » permet d’intégrer la notion de processus. Ce simple ajustement lexical influence la manière dont le cerveau envisage l’apprentissage.

3. Pratiquer l’auto-feedback bienveillant

S’exprimer à soi-même avec la même indulgence qu’envers un collègue ou un proche. Cet exercice entraîne la capacité à transformer l’autocritique en levier de progression.

4. Visualiser le cerveau en train d’apprendre

Les études en neurosciences montrent que l’imagerie mentale renforce la motivation. Fermer les yeux quelques instants et imaginer le cerveau créant de nouvelles connexions à chaque effort favorise une perception dynamique de l’apprentissage.

5. Expérimenter les micro-résolutions

Choisir un objectif modeste (par exemple, lire 10 minutes par jour, apprendre 5 mots d’une langue étrangère) et le maintenir pendant 30 jours. Ce type de démarche installe durablement une perception progressive et constructive du changement.

Les neurosciences à l’appui

Les recherches en psychologie cognitive et en neurosciences confirment que les individus adoptant un growth mindset présentent plusieurs avantages cognitifs et motivationnels significatifs :

Meilleure persévérance face aux obstacles

Les personnes avec une mentalité de croissance continuent d’investir des efforts même après un échec, percevant ces situations comme des opportunités d’apprentissage plutôt que comme des preuves d’incompétence. Des études montrent que ces individus traitent le feedback de manière plus adaptative, avec une activité accrue dans les régions cérébrales impliquées dans l’évaluation des retours, telles que le striatum

Réceptivité au feedback

Le growth mindset favorise une interprétation constructive des critiques et des conseils, permettant d’améliorer les compétences de manière continue. Cette capacité à intégrer les retours est soutenue par des mécanismes cérébraux mesurables dans le cortex cingulaire antérieur et le striatum ventral, associés à la motivation et à la récompense.

Motivation intrinsèque accrue

La motivation à apprendre pour le plaisir et l’intérêt intrinsèque est plus forte chez les personnes adoptant une mentalité de croissance. Ce phénomène est lié à la libération de dopamine dans les circuits de récompense du cerveau, qui renforce l’engagement dans les tâches et la persévérance.

Plasticité cérébrale

Chaque apprentissage, qu’il soit cognitif ou moteur, renforce ou crée de nouvelles connexions neuronales, démontrant que le cerveau peut se remodeler en fonction de l’expérience. Cela confirme que le growth mindset repose sur des mécanismes biologiques concrets et non sur un simple concept abstrait.

Conclusion

La mentalité de croissance ne se résume pas à un mot à la mode ou à une simple injonction à « penser positif ». Elle invite à considérer l’échec comme une opportunité, l’effort comme un levier, et le progrès comme un processus évolutif. Loin d’être un concept théorique, le growth mindset s’appuie sur des bases neurologiques solides qui expliquent pourquoi cette approche favorise la persévérance, l’adaptabilité et l’apprentissage tout au long de la vie.

En dépassant les cinq mythes présentés et en expérimentant les exercices proposés, chacun peut développer un état d’esprit favorable à l’apprentissage, à la résilience et à l’épanouissement.

La véritable force du growth mindset réside dans sa capacité à rappeler que, quel que soit le contexte, il existe toujours une marge de progression.

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